La VPI peut toucher n’importe qui. Les infirmières et infirmiers sont souvent idéalement placés pour reconnaître les signes avant-coureurs de la VPI et pour soutenir les clients grâce à des soins réfléchis, empreints de compassion et centrés sur le client. 

Cette page de ressources offre des conseils pratiques pour aider les infirmières et infirmiers à reconnaître les signes potentiels de VPI, à réagir en tenant compte des traumatismes et à orienter les clients vers les services de soutien appropriés.

La violence entre partenaires intimes est toute forme de violence ou de harcèlement exercée à l’encontre d’un partenaire intime, que la relation soit conjugale ou non. Elle peut prendre la forme d’un contrôle coercitif, de harcèlement criminel, de traque, de violence émotionnelle ou psychologique, de violence économique, d’abus physique, de coercition en matière de reproduction, de violence sexuelle, de violence spirituelle ou de cyberviolence. La violence entre partenaires intimes chez les personnes âgées de 65 ans et plus désigne tout acte ou toute omission, au sein d’une relation intime fondée sur la confiance, qui nuit à une personne âgée, lui cause de la détresse ou compromet sa santé ou son bien-être.

Qui est touché par la violence entre partenaires intimes

Toute personne, quels que soient son âge, son orientation sexuelle, son identité ou son expression de genre, sa race, ses capacités ou son origine ethnique, peut être touchée par la violence entre partenaires intimes. Au Canada, les femmes sont les plus touchées par la VPI; les femmes autochtones, les personnes 2SLGBTQIA+, les femmes en situation de handicap, les jeunes femmes (âgées de 15 à 24 ans) et les femmes racialisées courent un risque accru d’en être victimes. De plus, les femmes âgées de 65 ans et plus sont cinq fois plus susceptibles que les hommes du même âge d’être tuées par un partenaire intime.

Signes avant-coureurs possibles de la violence entre partenaires intimes 

Selon la GRC et l’Organisation mondiale de la santé, les éléments suivants constituent des signes indiquant qu’une personne pourrait être victime de VPI. 
Si le client : 

  • a des ecchymoses inexpliquées ou fournit des explications douteuses pour les blessures
  • agit différemment en présence de sa partenaire ou de son partenaire (par exemple, ne parle pas, ne parle pas pour elle-même ou lui-même)
  • essaie de changer de sujet si elle ou il est interrogé(e) sur le comportement de sa partenaire ou de son partenaire
  • semble être contrôlé(e) par sa partenaire ou son partenaire et semble réticent(e) à prendre des décisions par elle-même ou lui-même
  • se retire de ses amis et de sa famille
  • subit des pressions pour que son activité en ligne soit surveillée par sa partenaire ou son partenaire
  • présente un changement inhabituel dans ses comportements à risque (par exemple, consommer de la drogue, boire de l’alcool)
  • connaît une baisse de ses performances scolaires ou professionnelles;
  • est humilié(e) ou critiqué(e) par sa partenaire ou son partenaire devant les autres
  • est fréquemment contacté(e) par sa partenaire ou son partenaire pour savoir où elle ou il se trouve et ce qu’elle ou il fait
  • présente une mauvaise santé physique, des troubles cognitifs, un faible revenu et une dépendance fonctionnelle en particulier chez les personnes âgées

Prise en charge des clients victimes de VPI ou exposés à un risque de VPI 

Les personnes victimes de VPI peuvent subir des conséquences physiques et psychologiques durables. Celles qui ont recours à des soins infirmiers peuvent se heurter à des obstacles supplémentaires liés à la culture, à la langue, à la stigmatisation, aux inégalités systémiques ou à la crainte d’une escalade de la violence. Les infirmières et infirmiers jouent un rôle clé en prodiguant des soins respectueux, exempts de jugement et centrés sur le client, en favorisant une prise de décision éclairée et en orientant les clients vers les ressources appropriées. Nous encourageons les infirmières et infirmiers qui accompagne des clients susceptibles de subir de la VPI à adopter une approche tenant compte des traumatismes et respectueuse des différences culturelles, en privilégiant le consentement, l’autonomie et la sécurité du client. 

Les infirmières et infirmiers devrait prendre en compte les éléments suivants :

Utilisez des outils d’évaluation des risques fondés sur des données probantes, comme ceux présentés ci-dessous, ainsi que des approches de planification de la sécurité pour aider à cerner les risques potentiels et favoriser la sécurité du client. Les évaluations des risques doivent être réalisées en collaboration, avec le consentement de la personne concernée et dans le respect de son expertise quant à son propre vécu.

Le respect de la confidentialité et l’obtention du consentement du client sont essentiels lors de l’accompagnement de personnes victimes de VPI. Dans certaines circonstances, la loi peut obliger les infirmières et infirmiers à divulguer des renseignements à un tiers afin de prévenir un préjudice grave pour le client ou pour autrui. C’est le cas, par exemple, lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’un enfant a besoin de protection, conformément à la Loi sur les services à l’enfance et à la famille, ou lorsque la personne concernée réside dans un foyer de soins de longue durée et a besoin de protection en vertu de la Loi sur le redressement des soins de longue durée; l’infirmière ou l’infirmier a l’obligation de faire un signalement. Ces décisions doivent reposer sur le jugement professionnel, la législation applicable et les normes d’exercice de l’OIIO, tout en minimisant les risques pour la sécurité du client.

Lorsque les infirmières et infirmiers abordent la question de la VPI avec une personne, lui fournissent des renseignements ou lui proposent des ressources ou une orientation vers d’autres services, ces échanges doivent être consignés dans le dossier clinique, conformément à la norme d’exercice de l’OIIO relative à la Documentation. Une documentation rigoureuse favorise la continuité des soins, le soutien continu au client et la responsabilisation.

Les employeurs doivent également soutenir les personnes touchées par la VPI en élaborant des politiques claires qui définissent les responsabilités des infirmières et infirmiers dans les situations impliquant ce type de violence. Nous encourageons les infirmières et infirmiers à consulter leur gestionnaire ou leur équipe soignante pour obtenir des directives supplémentaires propres à leur organisation.

Il est important de reconnaître que soutenir une personne victime de VPI peut être difficile et épuisant sur le plan émotionnel. Prendre soin de soi, c’est-à-dire prendre intentionnellement le temps de retrouver son énergie et son bien-être, peut aider à réduire le stress et l’épuisement professionnel. Prendre soin de vous et accéder à l’aide dont vous avez besoin vous aide à garder les pieds sur terre et à mieux être en mesure d’offrir un soutien significatif et durable à vos clients. 


Un effort concerté pour faire face à la hausse des cas de VPI  

Lorsqu’un décès inattendu ou malheureux survient, le Bureau du coroner en chef (BCC) de l’Ontario peut mener une enquête. Les enseignements tirés de ces enquêtes alimentent des rapports et des recommandations visant à améliorer la sécurité publique et à prévenir de futurs décès similaires.

Dans certains cas, ces rapports contiennent des recommandations relatives à l’exercice de la profession d’infirmière ou d’infirmier. En tant qu’organisme de réglementation de la profession infirmière, l’OIIO examine ces recommandations et les évalue à la lumière des normes et des directives professionnelles en vigueur. Ce travail permet de clarifier les responsabilités et les attentes liées à la profession infirmière, tout en montrant comment les nouveaux enseignements peuvent renforcer l’approche réglementaire de l’OIIO.

C’est pour donner suite à cette recommandation du BCC que l’OIIO a créé cette ressource en ligne qui vise à aider les infirmières et infirmiers à mieux comprendre la VPI afin de mieux repérer les signes avant-coureurs et d’offrir aux clients des soins réfléchis, empreints de compassion et centrés sur le client. Les infirmières et infirmiers sont particulièrement bien placés pour offrir ce type de soutien, car ils jouent un rôle central dans le système de santé et accompagnent les clients dans des situations très variées. 

L’OIIO collabore avec ses homologues des autres ordres professionnels de la santé pour soutenir la recommandation du BCC. Le mardi 22 septembre 2026, les organismes de réglementation des professions de la santé de l’Ontario organiseront un webinaire gratuit sur la VPI. Ouvert à tous les professionnels de la santé, ce webinaire présentera des outils et des stratégies que les prestataires de soins peuvent utiliser pour soutenir les clients. 

Ressources supplémentaires