Qu’est-ce qu’une mesure de contention?

Il existe trois types de contentions utilisées dans le domaine des soins de santé :

  • physique
  • chimique
  • environnementale

Les contentions physiques limitent les mouvements du patient. Les contentions chimiques représentent toute forme de médicament psychoactif utilisé pour inhiber intentionnellement un comportement ou un mouvement particulier, et non pour traiter une maladie. Les <p> contrôlent la mobilité du patient.

Les équipes soignantes ont recours aux mesures de contention pour diverses raisons, notamment pour empêcher les patients de se blesser ou de blesser autrui, après l’échec de toutes les autres interventions. Les contentions devraient être utilisées uniquement pendant la durée la plus courte possible lorsque les stratégies de prévention, de désescalade et de gestion de crise n’ont pas réussi à assurer la sécurité de la personne concernée et des autres.

Quelles sont les responsabilités des infirmières et infirmiers en matière de recours à la contention?

Les infirmières et infirmiers sont responsables de fournir, de faciliter, de défendre et de promouvoir les meilleurs soins possibles aux patients et d’intervenir lorsque la sécurité et le bien-être des patients sont compromis. Ces responsabilités sont engagées lors de la décision d’appliquer des mesures de contention. Ce sont des responsabilités clés définies dans le Code de conduite.

Lors de toute intervention, comme le recours à la contention, les infirmières et infirmiers doivent veiller à faire participer activement le patient, sa famille, les personnes habilitées à prendre des décisions à sa place et l’ensemble de l’équipe soignante. Les infirmières et les infirmiers sont également responsables de la documentation des soins infirmiers prodigués, y compris l’évaluation, la planification, l’intervention (y compris la contention) et l'évaluation des résultats.

Il est important de souligner que l’utilisation de mesures de contention augmente le risque de complications médicales, psychologiques et fonctionnelles pour les patientes et les patients. Pour minimiser les risques pour les patients, les infirmières et infirmiers doivent connaître les normes, applicables de l’OIIO, la législation pertinente, les meilleures données probantes et les politiques organisationnelles relatives à la contention.

En situation d’urgence, les infirmières et les infirmiers peuvent appliquer des mesures de contention sans consentement lorsqu’il existe une menace sérieuse de préjudice pour le patient ou pour autrui, et seulement après que toutes les autres interventions alternatives se sont avérées inefficaces. L’utilisation de mesures de contention doit être évaluée en permanence par l’équipe soignante et réduite ou interrompue dès que possible. Après l’arrêt des contentions, les équipes interprofessionnelles doivent faire le point avec le patient, sa famille ou son représentant légal afin de discuter de l’intervention, des interventions précédentes et des alternatives aux mesures de contention.

Les ressources disponibles à la fin de cette page Web vous permettront d’en savoir plus sur l’utilisation des mesures de contention, les approches alternatives, la documentation et le consentement.

Scénarios

L’OIIO a réalisé les scénarios suivants afin de guider les infirmières et infirmiers en matière de recours aux mesures de contention.

Une infirmière ou un infirmier d’un établissement de soins de longue durée accueille un patient transféré d’un hôpital local. L’établissement applique une politique de contention minimale et n’a pas eu recours aux mesures de contention depuis un an. Pour éviter le recours à la contention, l’établissement utilise également un protocole d’évaluation des risques à l’admission afin d’aider le personnel à élaborer un plan de soins approprié, notamment en déterminant les interventions adaptées aux comportements observés. Les enfants du patient, qui sont les mandataires, insistent pour que leur mère soit immobilisée par des moyens de contention pour des raisons de sécurité. Ils informent l’infirmière ou l’infirmier que si leur mère chute alors qu’elle est sous contention, ils intenteront une action en justice. Quels facteurs l’infirmière ou l’infirmier doit-elle ou il prendre en compte en réponse à la demande de la famille?

Réponse :

Comme le souligne la norme d’exercice Limites professionnelles et relations infirmière-client ou infirmier-client, les infirmières et les infirmiers sont tenus de faire preuve d’empathie. De plus, les infirmières et infirmiers utilisent leurs connaissances, leurs compétences et leur jugement lorsqu’elles et ils prodiguent des soins infirmiers. Elles ou ils modifient les plans de soins des patients, en collaboration avec ces derniers et l’équipe soignante, comme la stipule le Code de conduite.

Dans ce scénario, l’infirmière ou l’infirmier doit également prendre en compte les besoins de la famille et les implications de la demande. Les infirmières et les infirmiers sont censés impliquer activement le patient en tant que partenaire en définissant ses besoins et ses souhaits et en les intégrant au plan de soins.

L’infirmière ou l’infirmier responsable peut collaborer avec l’ensemble de l’équipe soignante et la famille du patient pour explorer d’autres moyens de répondre aux besoins du patient, notamment évaluer le risque de chutes et mettre en œuvre des stratégies de prévention des chutes selon les besoins.

L’infirmière ou l’infirmier peut informer la famille sur l’utilisation de la contention. L’infirmière ou l’infirmier doit expliquer qu’il existe des lois régissant l’utilisation de la contention et que la politique de contention minimale de l’établissement oblige l’équipe soignante à explorer d’abord des mesures alternatives, la mesure de contention étant un dernier recours.

Si des mesures de contention non urgentes sont indiquées pour préserver la sécurité du patient, l’infirmière ou l’infirmier prend les mesures appropriées pour garantir que les principales exigences relatives à l’utilisation des mesures de contention soient respectées :

  1. évaluation;
  2. consentement;
  3. communication;
  4. tenue de dossiers.

Après avoir évalué le patient et déterminé que des mesures de contention non urgentes sont nécessaires pour la sécurité du patient, l’infirmière ou l’infirmier et l’équipe soignante sont responsables de l’obtention du consentement.

L’infirmière ou l’infirmier doit aussi communiquer efficacement le besoin de contentions à la patiente ou au patient et à sa famille. Comme le souligne la norme d’exercice Limites professionnelles et relations infirmière-client ou infirmier-client, les infirmières et les infirmiers utilisent un large éventail de stratégies de communication efficaces pour répondre aux besoins des patientes et des patients et discuter de leurs attentes. Cette norme définit les responsabilités des infirmières et infirmiers en matière de négociation avec le patient concernant les rôles de l’infirmière ou de l’infirmier, du patient, de la famille et des proches, ainsi que les objectifs définis dans le plan de soins.

Enfin, l’infirmière ou l’infirmier est responsable de documenter tous les soins infirmiers prodigués, y compris l’évaluation, l’application, la surveillance de l’utilisation des mesures de contention, et l'évaluation des résultats de l'utilisation de celles-ci, comme il est indiqué dans la norme d’exercice en matière de Documentation standard.

Nancy travaille au service des urgences d’un hôpital communautaire lorsqu’un patient d’un établissement correctionnel local arrive pour soigner une grosse blessure à la jambe. Le patient a des antécédents de maladie mentale aiguë. Il est menotté et accompagné de deux agents des services correctionnels. L’infirmière demande aux agents de retirer les menottes et de respecter la vie privée du patient pendant son séjour au service des urgences. Bien qu’elle puisse évaluer et soigner la plaie du patient même avec les menottes, Nancy est mal à l’aise à l’idée que les mouvements du patient soient restreints par les menottes.

Réponse :

Les menottes représentent une mesure de contention. Dans ce scénario, c’est l’établissement correctionnel qui décide d’utiliser la contention, pas l’infirmière. Le patient est sous la garde des agents des services correctionnels. Comme il est indiqué dans la norme Champ d’application les infirmières et infirmiers sont tenus de comprendre la législation pertinente et de s’assurer que leur exercice est conforme à la législation. L’infirmière ou l’infirmier doit réfléchir à la manière dont des lois, telles que la Loi de 2018 sur la transformation des services correctionnels, la Loi de 2001 sur la réduction au minimum de l’utilisation de la contention sur les malades et la Loi sur la santé mentale pourraient s’appliquer à cette situation. Par exemple, la Loi de 2018 sur la transformation des services correctionnels définit les responsabilités des agents des services correctionnels. Pour l’interprétation de la législation, l’infirmière ou l’infirmier peut consulter son employeur ou un représentant légal.

Si les mesures de contention entravent l’administration des soins médicaux au patient, l’infirmière ou l’infirmier, l’équipe soignante et les agents correctionnels doivent élaborer un plan de soins qui tienne compte de la meilleure façon de réduire la contention afin de permettre la prestation des soins. Cela inclut la discussion et la planification de mesures alternatives à mettre en œuvre tout en assurant la sécurité du patient et des autres.

Le Code de conduitemet en lumière la responsabilité des infirmières et infirmiers de maintenir et de défendre des milieux de travail de qualité qui soutiennent des soins sécuritaires, efficaces et éthiques. Nancy doit plaider au sein de son établissement en faveur d’une formation sur la meilleure façon de prendre en charge les patients provenant des établissements correctionnels, les types de contention utilisés sur ces patients et la législation pertinente régissant leurs soins.

Jody, âgée de trois ans, est intubée et sous respirateur après une chirurgie cérébrale. Pour éviter qu’elle n’arrache la sonde d’intubation, Susan, son infirmière, a collaboré avec le médecin et a obtenu une ordonnance pour des moufles. Avant l’intervention chirurgicale, la nécessité de porter des moufles a été expliquée à Jody et à ses parents, et leur consentement a été obtenu. Susan a retenu les mains de Jody à l’aide des moufles après avoir estimé qu’il s’agissait du mécanisme le moins restrictif pour protéger Jody. Elle a également informé la famille qu’il serait utile de rassurer Jody après son opération. Susan a consigné l’utilisation des mesures de contention dans le dossier et le plan de soins de la patiente. Mark, l’étudiant infirmier qui observait Susan, s’est interrogé sur la pertinence de cette utilisation de mesures de contention.

Réponse :

Cette utilisation de mesures de contention est appropriée. Dans cette situation, Susan a respecté les principales exigences relatives à l’utilisation des mesures de contention :

  1. Évaluation
    Susan a évalué la contention la plus appropriée pour Jody en tenant compte des facteurs individuels, de l’état de santé de la patiente et de l’environnement. Cela est conforme aux attentes du Code de conduite selon lesquelles les infirmières et infirmiers doivent utiliser leurs connaissances, leurs compétences et leur jugement lorsqu’ils prodiguent des soins infirmiers. Les infirmières et infirmiers modifient également les plans de soins des clientes et des clients, en collaboration avec ces derniers et l’équipe soignante.

  2. Consentement
    Susan a aussi obtenu le consentement des parents de Jody pour une utilisation de la contention. Les infirmières et infirmiers ne peuvent pas utiliser de mesures de contention sans le consentement du patient, sauf en cas d’urgence, lorsqu’il existe une menace grave pour la personne ou pour autrui. Ces dispositions sont énoncées dans la Loi de 2001 sur la réduction au minimum de l’utilisation de la contention sur les malades ainsi que dans la directive professionnelle sur le Consentement.

  3. Communication
    Susan a communiqué efficacement avec Jody et sa famille en discutant du plan de soins. En utilisant un langage que Jody comprenait, Susan lui a expliqué pourquoi elle avait besoin de moufles. Comme le souligne le document Limites professionnelles et relations infirmière-client ou infirmier-client, les infirmières et les infirmiers utilisent un large éventail de stratégies de communication efficaces pour répondre aux besoins des patientes et des patients. La norme décrit les responsabilités des infirmières et des infirmiers en matière de négociation des rôles de l’infirmière ou de l’infirmier, du patient, de la famille et des proches, ainsi que des objectifs définis dans le plan de soins. Dans certaines circonstances, une infirmière ou un infirmier peut être amené(e) à immobiliser des patients, notamment lorsqu’ils sont incapables de comprendre la nécessité de l’intervention, comme le prévoit la Loi de 2001 sur la réduction au minimum de l’utilisation de la contention sur les malades. L’infirmière ou l’infirmier doit examiner attentivement ces situations et, dans la mesure du possible, privilégier les méthodes de contention minimales.

  4. Documentation
    Enfin, Susan a documenté l’utilisation des mesures de contention dans le dossier et le plan de soins de la patiente, respectant ses responsabilités énoncées dans la norme d’exercice en matière de Documentation practice standard

    • s’assurer que sa tenue de dossiers constitue un compte rendu complet des soins infirmiers prodigués et qu’elle reflète tous les aspects de la démarche infirmière, y compris l’évaluation, la planification, l’intervention (indépendante et collaborative) et l’évaluation des résultats;
    • s’assurer que le plan de soins est clair, à jour, pertinent et personnalisé selon les besoins et souhaits du patient;
    • consigner les communications importantes avec les membres de la famille ou les proches, les mandataires spéciaux et les autres prestataires de soins.

Normes et lignes directrices de l’OIIO

Législation

Ressources externes